L’automobile britannique à l’honneur sur les routes cantaliennes
Nous sommes 60 équipages répartis sur le beau territoire français en passe de se retrouver pour la nouvelle édition de l’entente cordiale. Au programme cette année, les belles routes du Cantal qui ne vont pas tarder à voir nos mécaniques anglaises les emprunter. MG en tête, 6 autres marques sont de la partie avec Spridget, Sunbeam, Triumph, Austin-Healey, Morgan et Rover. L’occasion pour moi de retourner sur ma terre natale et de faire un petit pèlerinage avec le dernier de mes frères. Un petit frère comme tout le monde a pu le constater… Départ jeudi matin de la Champagne dans le brouillard, une auto balbutiante me faisant hésiter à faire demi-tour mais un auvergnat c’est têtu. Sans doute moins qu’un breton mais quand même. L’obstination a parfois du bon, tout est rentré dans l’ordre au bout d’une trentaine de kilomètres me permettant de rallier sereinement la région de Vichy pour y récupérer le mètre 90 de mon frère.
Le rendez-vous est donné à la station du Lioran à cheval sur la vallée de l’Alagnon et la vallée de la Cère à l’hôtel du rocher du cerf pour récupérer de la documentation touristique, le road book pour éviter de se perdre, des carrés du cantal pour la fringale et se retrouver tous ensemble autour d’un bon repas.

Les choses sérieuses commencent dès le jeudi matin 7h30 dans les starting blocks du petit déjeuner. Départ prévu 8h30. J’avais du mal à y croire mais tout le monde est sur le pont sous un magnifique soleil de septembre.
Nous prenons la direction du col du Perthus (1309m), doublés par un convoi d’Austin Healey partis prendre de l’avance pour la montée suivante. Tellement d’avance que je ne les ai pas rattrapés.
Les lacets s’enchainent dans un paysage somptueux jusqu’à la coopérative de St Bonnet de Salers. Bon, j’ai mis de côté mon suivi de cholestérol, si si pour ceux qui en doutent vu la corpulence du gaillard, j’en déborde. Mais qu’importe. Visite guidée et dégustation au programme.
Le cantal est une terre importante de production de fromages avec pas moins de 5 AOP (Cantal, Salers, St Nectaire, Fourme d’Ambert et Bleu d’Auvergne).

Pas de Salers au programme car produit avec du lait de vaches salers en estive et la canicule de 2026 n’a pas permis de respecter le cahier des charges imposant notamment une alimentation à l’herbe. Pas d’herbe, pas de Salers. Mais il y avait de quoi se faire plaisir !
En route pour la commune voisine de Salers où nous nous sommes répartis dans deux restaurants, affluence oblige. Au menu Pounti et Truffade en guise de plats régionaux histoire d’être en forme pour la visite guidée qui s’annonce.

Nous découvrons ce charmant village classé parmi les plus beaux villages de France au détour de ses ruelles, de ses maisons à tourelles et de ses hôtels particuliers habillés de cette couleur un poil austère du fait de la pierre volcanique.


Au passage, très belle église Saint Mathieu avec ses tapisseries et sa mise au tombeau.

Petite info culture générale, on doit le maintien de la race salers à Ernest Tyssandier d’Escous, ingénieur agronome comme moi. Son buste est d’ailleurs visible sur la place centrale en face de l’office de tourisme.
Le grand spectacle commence.
En route direction le Puy Mary en empruntant la route sur les crètes de la vallée de la Maronne en passant par le col de Néronne. Ne jamais forcer sur une mécanique à froid. Pour le coup, le soleil tape et la pente s’accentue. Pas de coup de froid mais au contraire des mécaniques mises à rude épreuve. Mais ma foi ça tient malgré quelques effluves d’embrayages et autres débordements de liquide de refroidissement. Un stop s’impose pour soulager les autos mais aussi pour permette à leurs occupants de profiter du formidable panorama qui s’offre à nous. Quelques courageux se lancent dans l’ascension à pied des derniers mètres nécessaires à atteindre le point culminant à 1783m.

Cap sur le Lioran, le repas nous attend. Cela étant, nous n’en avons pas fini avec cet itinéraire accidenté que le peloton du Tour de France a emprunté cet été.
Le samedi s’ouvre sur la vallée de Cheylade en direction de Riom ès Montagnes. Après avoir partagé la route avec un troupeau de vaches, me voilà revenu quelques années plus tard (35 environ) sur les terres natales de ma maman.
Notre tête à mon frère à moi étaient recherchées, tout le village avait été prévenu. Nous voilà en transit entre l’ancien magasin et l’ancien garage de transports des grands parents, l’ancienne maison qui m’a vu faire mes premiers pas et l’espace Avèze dont on doit la réfection au trait de crayon de mon papa architecte.

C’est l’heure du pré apéro. On doit cette liqueur riomoise à la macération des racines fraiches de gentiane. Et attention à ne pas confondre avec la suze. C’est bien meilleur, chauvinisme oblige.

Après un repas à deux pas d’ici, nous voilà repartis quelques années en arrière à bord du gentiane express en 1955 à bord d’une rame grand parcours, ancêtre des inter cités.
A 150 L / 100km, la rame est plus énergivore que rapide mais nous emmène sans encombre jusque sur le plateau du Cézallier à Lugarde en empruntant le viaduc de Barajol et en roulant sur les traces de Georges Pompidou.


Après avoir joué les prolongations sur place et manqué la photo de groupe, retour à l’hôtel sous un soleil rasant sur le plateau du Limon.

De nouveau à table, la soirée de gala s’ouvre avec le discours des organisateurs et des représentants de chaque club. C’est à cette occasion que nous apprenons le lieu de notre future entente cordiale dans la région de Saumur qui sera organisée par le club Austin Healey.

Dimanche 27 septembre, une touche de mélancolie à l’approche de la fin de ce si beau week end se fait ressentir. Les bagages sont chargés, la voiture est prête. Quartier libre nous est donné dans les rues de Murat, petite cité médiévale de caractère et dont la spécialité est le cornet.

Clap de fin au restaurant le Jarrousset, à recommander car l’accueil et la qualité de la restauration nous permettent de finir notre escapade sur une note des plus positives.
Un grand merci au club MG, Gil, Eliane et Monique pour l’organisation au top et à très bientôt sur les routes du Maine et Loire